Lundi 8 février 2010
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Shame on me: plus d'un mois que j'ai vu Sherlock Holmes, et je n'ai toujours pas écrit une ligne dessus. En même temps, écrire
sur un film un mois à l'avance, ce n'est pas l'idéal. Autant attendre qu'il sorte en France. Sherlock Holmes, donc, ou le gentleman détective. Ca, c'était pour les souvenirs, parce que cette
nouvelle version avec Robert Downey Jr dans le rôle-titre surprend par son détachement quant aux précédentes. D'ailleurs, on remarquera que pas une fois ce nouveau Sherlock ne prononce son habituel
"élémentaire, mon cher Watson".

Le pitch: Londres à la fin du 19ème siècle. Sherlock Holmes est un détective de génie qui analyse les situations en une fraction de seconde, allant jusqu'à calculer chacun de ses mouvements et ceux
de ses adversaires pour savoir exactement où et quand frapper. Comme tout génie, il a ses mauvais côtés et, outre ses expériences pas toujours réussies sur le chien de Watson, il s'adonne à la
boisson et à l'oisiveté maladive, enfermé dans son appartement, rideaux tirés, entre deux enquêtes. C'est là que surgit de son passé une ancienne conquête qui le mène en bateau et va l'entraîner
bien malgré lui dans une nouvelle aventure.
Le rôle est porté à merveille par un Robert Downey Jr ténébreux à souhait qui renoue avec son image d'acteur torturé et borderline. Sherlock Holmes n'est plus ce détective propre sur lui et bien
élevé qui a bercé notre enfance, mais révèle un côté noir pas désagréable. Cette dualité du personnage, qui bien entendu reste un type bien, au fond, sert le scénario et tranche avec une histoire
bon enfant un peu mièvre dans laquelle il aurait été facile de tomber. L'histoire d'amour impossible entre Sherlock et sa dulcinée est mise en opposition à celle que vit Watson, sans toutefois
prendre le pas sur le sujet principal.
Parlons-en, de Watson. Joué par le craquant Jude Law, ce dernier fait bien pâle figure face au charismatique Robert Downey Jr. Le beau Jude devient personnage secondaire, s'efface devant la
grandeur du maître, mais reste indispensable pour contrebalancer la noirceur du personnage et le remettre dans le droit chemin. Une sorte de Jiminy Cricket au secours de son maître. La relation
entre ces deux énergumènes n'est pas sans rappeler Amicalement Vôtre: deux personnages que tout oppose mais poursuivant un but commun, soudés mais en opposition constante, une relation dans
laquelle il est difficile de faire entrer une femme. Et c'est pourtant ce qui arrive à Sherlock et Watson, ce dernier ayant trouvé la femme de sa vie, ce qui ne manquera pas d'aiguiser la jalousie
d'un Holmes possessif.
Le verdict: très bon film, vraiment. J'avoue que mes intentions lorsque je suis allée le voir n'étaient pas louables puisque ce sont les deux acteurs principaux qui m'ont convaincue. Mais Guy
Ritchie a su donner le ton et mener son film sans longueurs pénibles. Moi qui n'aime pas les films gris, j'ai été servie avec un Londres triste et froid, sans pourtant râler: l'ambiance est telle
qu'on l'attend, et n'a pas été sans me rappeler quelques épisodes d'une vieille série de Sherlock Holmes perdus au fin fond de ma mémoire. A voir sans hésiter!
Vendredi 29 janvier 2010
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Petite soirée entre filles, à l'origine devant un DVD, mais voyons... deux filles ensemble, ça parle, alors allez
regarder un DVD..! C'est donc devant la télé que ça a terminé. Et devant quoi..? Je vous le donne en mille: l'élection de Mister france
2010! ET bien nous n'avons pas été déçues: on pensait en rire, on en aurait presque pleuré. Y a-t-il vraiment des gens qui REGARDENT cette émission? Parce que la palme du ridicule du PAF, on vient
de la leur attribuer.
Quelques hommes plutôt bien fait, mais à la tête bien vide se
sont donc affrontés devant le regard "sévère" de deux ex-Miss France et de Mister France 2009. Un brin de ridicule de ne tue pas, mais là on a dépassé les bornes. Il fallait les voir plonger entre
les raies manta et les requins, certains n'ayant pas peur mais préférant rester à bord du bateau. On en sait jamais... un accident est si vite arrivé, autant laissé les concurrents se faire
dévorer. Comme si la production allait les mettre en danger... Vous imaginez un remix des dents de la mer sur une élection..? Une douzaie de mâles décérébrés dévorés par des requins mangeurs
d'homme. Ca, au moins, ça aurait été drôle!
Mais non, on s'est contenté de nous montrer ces jeunes éphèbes en train de se trémousser sur une chorégraphie digne des Teletubbies pour charmer le jury intransigeant. Mwarf! Et que dire de la
salade qu'on leur a collée sur la tête pour le défilé surfwear? Choisir une batavia aurait été plus judicieux: un peu d'humour et d'autodérision n'ont jamais fait de mal... Quant à ce concurrent
qui aurait aimé être un arbre, il a dû être content de se voir affublé d'un tel couvre-chef.
Au final, j'aurais aimé pouvoir dire que le plaisir des yeux rattrapait le niveau QI d'oursin de cette élection ô combien importante, mais... même pas... Des muscles, certes, mais on en voit de
plus beaux dans les pubs pour parfums. Et quand "MEGASMEDIA est fière de pouvoir annoncer le retour
prochain de l'élection de "MISTER FRANCE 2010" à la télévision." (www.mister-france.fr), ça me laisse perplexe...
Vendredi 15 janvier 2010
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Il paraît que, quand on atteint la trentaine, on a déjà posé les fondations d'une vie socio-professionnelle équilibrée, avec
famille nombreuse et bon job à la clé. Mais quelques irréductibles en sont encore à bafouiller leur vie, luttant contre les a priori d'une société qui voudrait que tous entrent dans la norme
(quand on voudra bien me dire quelle est la norme...) sans moufter. Ces irréductibles, j'en fais partie. Cette
trentenaire à la fois sûre d'elle et paumée, c'est moi. La trendsetteuse a grandi, et ce n'est pas que pour le meilleur..!
Par où commencer? Peut-être par cette enfant à qui toutes les chances ont été données: une famille soudée, des parents présents et aimants, une éducation sans reproche, une scolarité dans uen
école où non seulement elle a appris à lire et compter en français, mais aussi en anglais, en italien et en espagnol, une aisance notoire pour ses études l'ayant menée à deux DEA avec mention.
Non, sincèrement, sur le papier, rien ne me prédestinait à me retrouver à 30 ans révolus à me battre avec l'admnistration française et son système obsolète.
Résumons la situation: depuis presque trois ans, ma vie est un grand flou artistique, une succession de bidouillages pour garder la tête hors de l'eau et tenter d'avancer pour faire comme les
adultes, les vrais, ceux qui ont su se créer une vie solide et fructifiante. Et encore, trois ans.... Alors je me suis dit que, quitte à galérer, autant en faire profiter les autres, parce que
franchement, si ce n'était pas aussi grave, c'en serait presque drôle! Welcome to my world!
Lundi 11 janvier 2010
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Qui n'y est pas allé de son petit commentaire plus ou moins encourageant sur le dernier blockbuster hollywoodien, le film le plus cher de
l'histoire du cinéma, le phénomène Avatar? Il était donc bien normal que je m'y colle, moi aussi, même si ça fait déjà un mois qu'il est sorti, même si tout (ou presque) a été dit, même
si c'est un film à la moralité bien pensante qui pourrait en convaincre certains de rater les effets les plus spéciaux de la décennie passée.
Le pitch: les méchants américains ont découvert une planète où vivent de gentils aliens. Cette planète regorgent d'un minerai très très
cher, qui pourrait faire la fortune de certains individus qui manquent de la plus élémentaire sympathie. Les aliens, quant à eux, vivent en communion avec la nature et vont devoir défendre leur
petit coin de paradis. Alors pourquoi le titre "Avatar" plutôt que "La énième guerre des mondes"? Parce que les américains, peuple surintelligent s'il en est, on créé une technologie
révolutionnaire en recombinant l'ADN des Na'vis (les gentils aliens) et en créant des corps inertes dans lesquels on va "transférer" l'esprit de chercheurs américains: les avatars. Evidemment,
l'un d'entre eux, originellement soldat qui a perdu ses jambes au combat, et qui devait renseigner le vilain chef de guerre US, va basculer de l'autre côté et défendre les gentils aliens. Vous
commencez à comprendre..?
Premier choc: les effets spéciaux. Et nul besoin de 3D pour ça. A mon humble avis, la 3D n'apport rien à un film déjà si époustouflant. A part quelques trucs que vous aurez l'impression de vous
prendre en pleine tête... Là-haut avait, semble-t-il, plus de raisons, de vous inviter au port de lunettes 3D. Surtout que le film est long, alors plus de deux heures avec des lunettes
qui fatiguent la vue... M'enfin... Passons... Le plus important, c'est que les effets spéciaux valent plus que le détour. Le film est beau. Vous vous souvenez, vous, du dernier "beau" film que
vous avez vu? Je ne parle pas d'une histoire qui serait belle, mais bien des images. Avatar est un petit bijou de synthèse, un joyau numérique, une merveille de féérie qui donne envie de
partir faire un tour sur Pandora dès que le premier vol sera lancé par EasyJet. Il ne s'agit pas d'un monde magique où tout il est beau, tout il est gentil, mais d'un environnement où tout est
lié, connecté, et si les animaux féroces font partie du paysage, ils ne sont pas inutiles. Vous commencez à suivre l'idée..?
La critique est facile: de toute façon, soit les américains sauvent le monde contre les méchants aliens, soit ils détruisent celui des gentils aliens. Et de toute façon, c'est classique:
l'anti-héro retourne vite sa veste pour prendre le droit chemin. Cette épopée écologiquement correcte pourrait bien tenter les plus virulents, que j'entends d'ici cracher leur venin sur un film
qui prône le "vivre avec"? Parce que c'est bien de cela qu'il s'agit: les Na'vis ont développé une relation à la nature que nous n'aurons très certainement jamais, vilains inconscients que nous
sommes. Que diable! un film sur fond de morale écolo juste après l'échec cuisant de Copenhague... Quel manque de tact! Mais voilà: c'est pourtant le fossé qui sépare la culture Na'vi de notre
société moderne qui nous asticote. Et qui en inspire plus d'un. Alors non, je ne branche pas ma natte dans l'oreille de mon chat pour lui expliquer ce que j'attends de lui, mais j'aimerais croire
qu'en écoutant un tout petit peu plus la nature on pourrait faire du bien à tous. Jolie utopie...
Le verdict: ok, le fond de moral est un peu gnangan, mais, je le rappelle, tout-à-fait dans l'air du temps. Quoiqu'il en soit, si le film est long, il n'y a pas eu une minute où je me sois
ennuyée, aucun regard jeté en douce à ma montre pour savoir dans combien de temps je serais libérée. Avatar est un chef d'oeuvre, n'en déplaise aux amateurs de grand cinéma. A voir, et
revoir, et re-revoir... Et pour les plus marqués, perfectionnez votre Na'vi avec les dictionnaires disponibles en ligne. Un nouveau monde est né...
Samedi 11 juillet 2009
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Le génie de la Factory est exposé au Grand Palais depuis déjà plusieurs mois, et il ne vous reste que deux
jours pour aller à le rencontre du grand monde de cet artiste multimédia avant l'heure. Ses portraits jouent avec les couleurs, dédramatisent les grands de ce monde (notamment avec un Mao
drag-queen), en offrant une vision panoramique d'une époque de transistion. Warhol et le fameux quart d'heure de gloire universel, quand chacun de ses portraits était facturé $25 000...
Il m'en aura fallu du temps pour me décider à aller traîner mes guêtres dans une exposition aux dimensions déstructurées. Un panel de photographies retravaillées, recoloriées, transcendées par un
artiste exhubérant qui se mettait en scène comme il mettait en scène ses modèles. Artistes, mannequins, idoles, politiques, anonymes...
Warhol les a sublimés, en les modifiant à son idée.
Bien sûr il y a eu Marilyn, Jackie Kennedy, Blondie... Des égéries sans âge, fidèles à une
image "défigée" par la magie du maître.
Bien sûr il y a des détracteurs, ceux-là mêmes qui prétendent que Picasso n'a rien inventé à part la commercialisation à prix d'or de gribouillis infames. Entendus lors de ma visite, ces mots
d'une mère à sa fille: "Ben c'est pas compliqué, toi aussi tu peux le faire!" Bien sûr... Aux années Potoshop ont précédé les idées farfelues d'un king du pop art, mais tout paraît si facile
aujourd'hui... que je te mette un peu de rouge ici et un peu de rose shocking par là... Et c'est évidemment pour cette raison que Warhol a envahi les salles du Grand Palais: parce qu'une enfant
de 10 ans aurait pu faire pareil..!
Une expo comme une balade à travers des années mythiques, dont les icônes sont passées devant l'objectif d'un photographe à l'oeil acéré, traquant chaque défaut pour l'éliminer avant
d'accomplir son oeuvre. Qui n'a jamais rêvé de repeindre le monde en technicolor..? Warhol l'a fait et nous l'a offert comme un témoignage de sa vision fantasque d'un monde en plein
évolution.
Allez-y vite: le 13 juillet au soir, l'exposition fermera ses portes...
Mardi 12 mai 2009
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Une fois n'est pas coutume, la Trend Setteuse fait sa vente. Au programme, de petites marques pas connues mais
plutôt sympas. Prêt-à-porter pour hommes et femmes (jeans, t-shirts, pulls cashmere, robes...), accessoires (ceintures, pochettes en cuir, bracelets avec cristaux Swarovski...). Tout ça pour
vraiment pas cher (rien à plus de 50 euros). Ca se passe le samedi 16 mai dans le 15ème à Paris. A vous les petits plaisir à offrir ou à s'offrir!
Pour plus d'infos, me contacter par mail
Lundi 11 mai 2009
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Mercredi dernier, séance de 22h, Montparnasse, je me retrouve dans une toute petite salle pour un film qui vient pourtant de
sortir. Good Morning England n'est à l'affiche que depuis quelques heures et on l'a pourtant relégué dans une salle pour films en fin de vie. C'est d'autant plus étonnant que, bien que
le film ne soit pas destiné à être un blockbuster, les extraits sont plutôt encourageants.
Le pitch: dans la Grande-Bretagne de la fin des années 60, des radios pirates diffusent du rock. L'une d'entre elles, Radio Rock, a élu domicile sur un bateau en pleine mer du Nord. A son bord
des DJs tous plus déjantés les uns que les autres, addicts à l'herbe et à l'alcool. Un beau matin, le filleul du maître à bord arrive, apparemment parce que sa mère pense qu'il s'assagira en mer
(il aurait trop fumé, trop bu). Commence alors pour lui la découverte d'un monde qui tourne autour du rock et des jolies fans qui montent à bord un samedi sur deux.
Première certitude: la bande-son déménage. Un mélange de Kinks, Stones, Who, de guitares affolées et de slows langoureux annoncés par les voix sulfureuses de DJs stars. On y retrouve des
personnages hauts en couleurs, qui dédient leur vie au Dieu rock'n'roll: le Comte, véritable figure de proue d'une radio libre, toujours à la recherche de l'ultime provocation; le Dr. Dave, dont
l'embonpoint n'est pas un problème dans la course aux minettes en chaleur: Gavin, dont la voix fait trembler les auditrices; Midnight Mark, le beau brun ténébreux qui ne dit pas un mot mais les
tombe toutes; Thick Kevin, à l'intelligence... "à part"; Simon, le fleur bleue de l'équipe, à la recherche du grand amour; ou encore Bob, hippie flower power que personne ne voit jamais. Ne pas
oublier Quentin, capitaine de Radio Rock, un dandy élégant qui gère ce petit monde.
Evidemment, les clichés vont bon train, entre le jeune Carl, toujours puceau, que ses nouveaux amis vont vouloir aider, un ministre britannique very old school (brillamment interprété par Kenneth
Branagh) qui veut la mort des radios pirates, et les deux stars des ondes qui se tirent la bourre pour savoir qui des deux est une poule mouillée. Il y a une forte dose d'humour anglais dans ce
film, et, aussi surprenant que cela puisse paraître, le réalisateur a réussi un tour de force en s'éloignant définitivement de Love Actually ou 4 mariages et un enterrement.
L'univers dépeint est à l'image de l'époque Austin Powers, le réalisme en plus.
Verdict: le meilleur film que j'aie vu depuis bien longtemps. Le rythme est rapide, on ne s'ennuie pas (pourtant le film dure deux heures), l'humour fait trembler la salle. On rit du début à
la fin. Que dire de plus? Que les nostalgiques du rock s'y retrouveront, que la jeune génération va découvrir les bases d'une culture qui dure, que Good Morning England est vraiment
The Boat That Rocks!
Jeudi 23 avril 2009
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Ce petit interlude dépaysant devait bien toucher à sa fin, et je réalise qu'il m'en aura fallu du temps pour réussir à y
mettre un terme en narrant nos dernières expériences. Une page se tourne, et le livre se referme. Tokyo's gone for good. Until next time..! En bonnes trendsetteuses que nous sommes, nous avons
mis un point d'honneur à nous inspirer de Lost in Translation lors de ces quelques jours. Voici donc le récit de notre copié-collé version 2009 de deux pseudo-baroudeuses en mal de
découverte.
Lost in Translation, ses heures passées au bar du
Park Hyatt, la vue imprenable sur Tokyo by night, les karaockés en hauteur... Tous ces petits détails d'un film culte qui demandent vérification une fois sur place. Ne le nions pas: ce film culte
d'une génération entière laisse place au doute quant à la véracité des expériences vécues; tout semble si fluide et si
opaque à la fois, comme voilé par la brume d'un décalage qui est loin de n'être qu'horaire. Deux frenchies dans un pays
inconnu, deux party-girls qui accumulent les excès de fête et le manque de sommeil, yeux grands ouverts en plein milieu de la nuit et capables de s'endormir devant un écran au musée quand ce
n'est pas dans un train pour Kamakura.
Ah! Kamakura! Le plus grand bouddha du Japon, un symbole de plus de
dix mètres de haut, planté dans un jardin aux
allures de garderie tant il y a de touristes qui s'y pressent, avides de découvrir les secrets du maître zen. un bouddha
qui accueille en son ventre ces curieux venus chercher la clé d'un bien-être d'ailleurs. Petites fourmis munies
d'appareils photo qui mitraillent sans cesse, sans même admirer ce qui les entoure. Ont-ils seulement fait le tour du
jardin? On'tils admiré ces tongs surdimensionnées? Peu de chances. Kamakura, c'est la campagne en banlieue, l'expédition
dangereuse en-dehors des balises du métro. Pensez: il faut prendre le train, puis, une fois sur place, un bus! D'aucuns auraient renoncé face à la difficulté de demander son chemin. Heureusement
que l'office de tourisme est là! Mais Kamakura et son bouddha ne font pas partie du film. Ils ne se seraient pas bien exportés. Ce sera cependant un saut de puce témoin d'un décalage
indéniable.
Passons. La veille au soir, nous avons pris notre verre au bar du Park Hyatt, le fameux New York Grill. Quelle expédition pour
qui ne se pose pas tanquillement dans un taxi. L'hôtel se trouve à Shinjuku, quartier d'affaires le jour qui devient red light district la nuit. Dépeuplé, vidé de la frénésie diurne, il n'est pas
des plus accueillants. Nous croisons des vieillards sans abri couchés sur des cartons. La misère est universelle...
A notre arrivée, après un safari citadin sans boussole, la réceptionniste nous a annoncé que le bar était fermé. Et
oui: contrairement à celui du film, le bar de la vraie vie ferme à minuit. Ce qui ne nous a pas empêchées de monter pour "prendre une photo" et de faire un petit coup de charme au charmant serveur qui nous a accordé un dernier verre. Sur fond de White Russian, nous avons pu
apprécier la vue époustouflante: à l'horizon que des lumières, témoins d'une vie nocturne aussi riche qu'étendue dans cette ville. Au fond,
une table où riait une petite bande de potes dont l'un n ous a subjuguées: il était tout simplement parfait. Clin d'oeil à une
situation parallèle entre Scarlett Johannsson et Bill Murray. Nous ne sommes pas allées plus loin: nous étions dans un autre film, le nôtre. Départ tardif, luxe des grands hôtels qui vous hèlent
un taxi avec classe.
Evidemment, un Tokyo trip ne peut se faire sans une session de karaocké dans un immeuble tout entier dédié à cette pratique ludique. Un samedi soir à Shibuya, mêlées à une foule hétéroclite,
gothique punks et lolitas en goguette. Le seul endroit où trouver un camion de crêpes rose (et oui, j'ai pu m'adonner à l'un de mes vices préférés en dégustant une crêpe kitsch au possible).
En levant les yeux du bitume où se pressaient des pieds enrobés de
chaussures plus colorés qu'un arc-en-ciel au pays de Candy, je l'ai vu: un building où chaque étage, chaque pièce, sont dédiés au karaocké. impossible de ne pas se laisser entraîner. De nouveau,
l'esprit de Lost in Translation a flotté tout autour de nous: trois fighteuses de la note improbable, killeuses de partitions, aux prises avec un matos high tech à en faire pâlir
nos pauvres karaockés parisiens. Deux heures trente de chansons anglaises et nippones (et oui, notre acolyte australienne de Taïwan se débrouillait sur quelques-unes de ces mélodies inconnues à
nos oreilles). Cent cinquante minutes à cracher des paroles dans un flot ininterrompu, partageant des cultures musicales opposées qui finissent pas s'assembler.
Notre dernière soirée a été la plus généreuse en nouvelles rencontres et en partage: les deux parisiennes en vadrouille se sont jointes aux expats joyeusement allumés pour un repas arrosé au
saké et des shots à la "happiest place on Earth". Soirée mémorable, tout autant que le voyage qui a suivi: 1h30 de sommeil a succédé aux sakés, Malibu-pamplemousse et shots de téquila. un aller
simple pour un voyage éthéré. Tokyo est restée derrière nous alors que nous nous envolions pour un retour à la réalité.
THE END
Par Sasha
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Publié dans : Envie d'ailleurs
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Mardi 31 mars 2009
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Comme chaque saison, voici l'invitation pour la vente privée chez Robert Dodd. Faites-vous plasir avec des petits prix!
Jeudi 26 mars 2009
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Tokyo est une ville trépidante, toujours en action, et il a bien fallu se mettre au rythme de la capitale nipponne. Echaudées par le shopping
à Harajuku et Omotesando Hills, nous avons poursuivi notre quête du stylistiquement incorrect en déambulant dans les parcs le week-end. Et ce n'est pas forcément ce que nous attendions qui a
retenu notre attention...
Pour donner une idée du quartier de Ueno, situé juste à côté du parc du même nom et sous le trajet du train, disons que c'est un mix entre les Puces et les Halles, mais avec des boutiques
ultra-pointues, et surtout un choix de baskets incroyables (on en revient toujours aux baskets) et les chaussures les plus hautes de la création. Ici, les joggings et autres sweat à capuches
côtoient jeans vintage, ,les robes gothiques et les petites jupes volantées façon ballerine trash. Je n'ai d'ailleurs pas pu
résister à la tentation d'essayer l'une de ces robes corsetées sur fond de tutu noir et dentelle à la vampirella. Le tout est d'assumer, ce que je ferai certainement à la prochaine Tokyo
Decadance où j'arborerai fièrement ma petite jupe trouvée dans une friperie spécialisée.
Mais LA découverte de Ueno, LA bonne affaire, a été ce petit magasin de chaussures, perdu dans un îlot de devantures toutes plus
colorées les unes que les autres, deversant leurs présentoirs bondés jusque sur les passants pressés les uns contre les autres dans la jungle de la culture urbaine tokyoïte. Ce petit magasin qui
ne payait pas de mine face à ses concurrents pratiquait des prix cassés, et c'est là que j'ai trouvé l'emblème fashion de mon voyage: mes Converse à semelle compensées. Attention! Pas de ces copies vulgaires que s'arrachent les apprenties pétasses (je sais, ce n'est pas très charitable),
mais bien de vraies All Star avec juste ce qu'il faut pour sortir de l'ordinaire et être bien dans ses baskets (ok, elle était facile).
Du côté de Yoyogi Park, l'ambiance était plus à la rigolade avec des cosplays en devenir. Pas de chance: le temps n'était pas avec nous, et nous
n'avons pas eu droit au défilé de créatures en tous genres. En revanche, nous avons pu assiter à un combat de jedi en plein air. Et la vision de ces sabres laser en action était des plus
surprenantes au milieu du parc désert, entre quelques arbres dénudés et les sempiternels pruniers en fleur. Aaah, les pruniers en fleur... Quelle joie de voir ces quelques pétales roses égayer
les allées mornes. Car le fait est que les parcs de Tokyo sont tristes à moins d'être couverts de neige ou lorsque les cerisiers fleurissent. Avis aux voyageurs...
Au nord de Yoyogi, c'est l'électronique qui prime. Certains ne voient pas le rapport avec la mode, et bien...
Détrompez-vous, car le style est une affaire de technique quand il s'agit de trouver le bon casque audio, celui qui ne détonnera pas avec la tenue
hyper-tendance de la fashionista accro à la musique. Et c'est dans les étages de paquebots dédiés à la hi-fi, à l'informatique, à l'image et au son que les modèles les plus pointus ont leur
espace dédié. Mon petit préféré, c'est le rose, qui a le mérite de tenir chaud aux oreilles. Et pourtant... j'ai opté pour un cache-oreille zébré qui ne flingue pas le bruhing! (les fashionistas
ont de ces préoccupations..!)
Evidemment, j'aurais pu vous parler des temples perdus dans les parcs, des touristes venus s'extasier devant des arbres ensommeillés, mais la vérité est là: les alentours des parcs étaient
plus intéressants en cette saison que leur contenu. Alors pour résumer cette épopée shopping qui a de nouveau fini à Harajuku (qui touche Yoyogi Park), la proximité de grandes étendues naturelles
(hum!) semble impliquer une mode plus farfelues, plus créative, et surtout plus délurée que les grands centres commerciaux (je dis "centres comemrciaux" dans le sens de centre névralgique dont
l'activité principale tourne autour de la consommation).
Par Sasha
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Publié dans : Envie d'ailleurs
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