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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 15:58

Samedi, temps humide, ciel gris, pas de quoi mettre un chat dehors. Alors une trendsetteuse en mal de soleil, pensez ! Et pourtant, me voilà de sortie pour aller retrouver une amie pour un tea time de luxe, de ceux qui font oublier le temps (dans les deux sens du terme). Direction la boutique Hermès de la rue de Sèvres, juste à côté du Lutétia, un autre endroit bien sympa.

Première foulée dans ce temple du luxe, première déception. La déco n'est pas à la hauteur de la réputation de la marque. Ca manque de cachet, ça manque de classe, ça manque de justesse. Les grandes structures de bois délimitant les espaces n’ont rien à faire là, le ton naturel n’est pas de bon ton (je ne pouvais pas m’en empêcher, désolée)… Quant aux piliers, leur doré est trop jaune, trop clinquant, comme une ode à un m’as-tu vu qui n’est pas représentatif de cette maison de luxe.

Mais, si la boutique est un véritable concept-store qui n’est pas sans me rappeler Tad à Rome, elle ressemble plus à un haut-lieu du tourisme curieux. les badauds viennent y faire leur promenade hebdomadaire dans l’annexe moins impressionnante de la rue du Faubourg Saint-Honoré. Ici, point d’acheteurs, mais des flanneurs en quête d’exception.

Quant au salon de thé, ma foi… Les thés sont hors de prix, ce qui ne surprendra personne, mais pas aussi bons que ceux de Mariage Frères. Le service est soigné (ce qui est, somme toute, la moindre des choses, mais reste appréciable dans un lieu où le chaland aurait tôt fait de se faire délaisser dans un coin), la présentation recherchée (que ces petites douceurs étaient tentantes). Au final, on reste sur un goût amère, comme s’il manquait quelque chose. Le charme, sans doute, dans cet espace froid qui mériterait sans doute de s’étendre un peu. Oui, car l’ancienne piscine n’est pas totalement investie, loin s’en faut, et c’est bien dommage…

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 16:21

Il y a des films dont on entend parler depuis des semaines et qu'on n'a toujours pas trouvé le temps d'aller. Ces films, ils finissent souvent par nous passer sous le nez et ne passent plus que dans de petites salles indépendantes alors que, évidemment, on a la carte illimitée ou fidélité Gaumont ou UGC. Et puis il y a des coups de bol : le film passe toujours, pas trop loin, alors on y va. Hier, donc, je suis allée voir Le nom des gens, un vrai bon film qui, sous ses faux-airs de petit comique, est une vraie comédie satirique, un genre qui se perd.

Le-nom-des-gens.jpg

Le pitch : Arthur Martin est né d'un père on ne peut plus français et d'une mère juive dont les parents ont été emmenés dans les camps et n'en sont jamais revenus. Mais avec un nom comme "Arthur Martin", l'antisémitisme ne fait pas partie des problématiques quotidiennes, surtout quand le sujet des grands-parents et de leurs origines reste tabou à la maison. Bahia, elle, est née d'une mère hippie révolutionnaire et d'un père arabe, un algérien qui a vécu six ans en France sans papiers, et qui ne pense jamais à lui pour se consacrer toujours aux autres. Quant à Bahia, elle a décidé de se servir de son cul pour faire de la politique, et faire passer la droite facho à gauche (oui, parce qu'évidemment, il n'y a de fachos qu'à droite, d'ailleurs toute la droite est un ramassis de fachos). Et le jour où ces deux-là se rencontrent...

Voilà un film qui parle de sujets sensibles sans larmoyer et sans entrer dans de grandes théories de masturbation intellectuelle forcenée. Oui, on y parle de racisme, d'antisémitisme, d'injustice, de liberté, de cul, aussi, un peu... et même de pédophilie. A première vue, on pourrait partir en courant : "on en a déjà suffisamment aux infos". Oui, sauf que là c'est traité avec justesse et sans condescendance. 

C'est donc plutôt rafraîchissant de se trouver devant un film qui traite de sujets sérieux sans que ce soit prise de tête. Pour le coup, on pourrait volontiers citer les dialogues pour étayer les conversations habituelles où tout le monde finit par crier pour faire entendre son point de vue. Parce que, mine de rien (et toujours sans ton paternaliste et moralisateur), ce film traite aussi de la tolérance et de la capacité à vivre avec les autres, en face des autres, sans se taper sur la gueule. Quant à notre cher président, il s'en prend tellement plein la poire qu'on peut imaginer que les acteurs, scénariste, réalisateur, et même les techniciens risquent fort de se prendre un contrôle fiscal dans les règles de l'art avec une petite vérification de leurs activités diverses et variées depuis leur plus tendre enfance, histoire de les recadrer (non mais!).

Le verdict : un très bon film, drôle, intéressant, qui donne un point de vue plutôt original sur les différences des uns et des autres et les manières de rallier les ennemis à son camp. Les acteurs jouent juste, le rythme n'est ni trop rapide, ni trop lent, et Jacques Gamblin et Sara Forestier sont touchants du début à la fin.

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 11:06

Et oui, il m'en aura fallu du temps pour aller voir le dernier-né des studios Disney. Une conte de fées qui remonte à loin, très loin... Mais tout le monde le sait : les grandes filles aiment les contes de fées. Donc direction le ciné avec une autre grande fille en mal de belles histoires.

Raiponce.jpg

Le pitch : Alors qu'elle est va accoucher, la reine est très malade. Seule solution pour la sauver : trouver la fleur de soleil (née d'une goutte de soleil tombée du ciel). Mais une vilaine sorcière la garde jalousement car elle lui permet de rester jeune. Les gardes du roi trouvent quand même la fleur, l'apportent au palais, ce qui sauve la reine et confère à la chevelure de sa fille les mêmes pouvoir que la fleur. il n'en faut pas plus à la sorcière pour décider d'enlever la princesse et de la séquestrer dans une tour. Mais pour ses 18 ans, la princesse devenue grande ne rêve que d'une chose : aller voir les lanternes qui s'envolent dans le ciel chaque année pour son anniversaire...

 

Comme dans tout bon conte de fées qui se respecte, il y a un prince. Enfin, celui-là est plutôt le prince des voleurs, et il atterrit un peu par hasard dans la tour de Raiponce qui, bien évidemment, va en profiter pour lui demander d'aller voir les lumières dans le ciel. Avec un guide recherché, dont la tête est mise à prix, l'aventure n'est pas de tout repos, et les choses ne s'améliorent pas quand le sorcière se rend compte que la jolie Raiponce s'est évadée de sa tour...

 

Bien sûr, il n'y a pas de grande intrigue dans Raiponce. Après tout, on connaît tous (plus ou moins) l'histoire, et même enjolivée par Disney, il n'y a pas de grande surprise. Pourtant, les dessins sont beaux (même avec une princesse aux yeux qui lui mangent la moitié du visage, dur!) et, gros atout de ce film, on n'a pas droit à quatorze chansons à la minute, ce qui avait tendance à m'exaspérer un peu dans certains Disney. Quant au héros, et bien pour une fois il ne s'agit pas d'un prince valeureux, mais d'un voyou, certes beau gosse contrairement à tous ceux qu'il fréquente, qui ne rêve que d'avoir son propre château. Un peu comme si Shrek rencontrait Aladdin. Quant à Raiponce, outre son excroissance orbitale, elle a les cheveux dont on rêve toutes : longs, forts (elle peut quand même les utiliser pour remonter la sorcière jusqu'à sa tour), soyeux... Pas de commentaire...

 

Le verdict : pas transcendant, mais mignon. Un joli moment à passer avec des enfants (mais si, votre petite cousine que vous devez garder mais avec qui vous ne savez pas quoi faire) ou avec une bonne copine (avant d'aller casser du sucre sur le dos des mecs). Rien de palpitant, mais un peu de rêve ne fait jamais de mal...

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 16:51

Pas très remarquée, la sortie de Red, avec Bruce Willis, John Malkovich et Morgan Freeman. Perdu entre quelques (très) bons films français, le Social Network et Harry Potter, ce film a n'a pas reçu l'accueil qu'il méritait. J'ai donc décidé de vous le présenter ici, parce que vraiment, il en vaut la peine.

Red.jpg

Le pitch : un ex-agent de la CIA à la retraite trouve le temps long et drague la gestionnaire de son compte retraite par téléphone. Une nuit, il reçoit la visite d'hommes armés (non, mais vraiment armés, pas juste un pauvre gun de pacotille) qu'il met KO en un éclair avant que leurs petits camarades ne démolissent sa maison à coups de mitraillette. Conscient qu'on le veut plus mort que vif et que la sympathique gestionnaire de compte retraite risque sa peau elle aussi suite à leurs conversations, il la kidnappe (en y mettant les formes) et l'embarque dans une folle poursuite qui devra le mener à la rencontre de ce qui ont décidé de le faire disparaître.

Evidemment, ce genre de film, on en a tous vu. Le héros à la retraite qui sait toujours mettre leur raclée aux jeunots, les anciens équipiers qui n'ont jamais voulu raccrocher (comment veux-tu arrêter du jour au lendemain de trucider des inconnus?), la belle ingénue qui se retrouve dans une histoire qui la dépasse, c'est vu et revu.

Et pourtant... On ne s'ennuie pas durant ce film. Peut-être parce que ça castagne et ça tire dans tous les sens, et que quand on aime les comics et les jeux vidéo on ne peut pas rester indifférent à ça. Peut-être aussi parce que le film donne dans l'exagération totale, à la façon desdits comics (DC Comics apparaît d'ailleurs au générique), qu'il n'est certainement pas à prendre au premier degré, mais surtout qu'il est drôlement bien ficelé. Même ma maman (que je salue au passage) pourrait y trouver son compte. Et puis, saluons les acteurs, juste excellents (John Malkovich dans la peau d'un mec qui a été bourré de LSD par le gouvernement américain durant onze année, vous imaginez...).

Le verdict :  je ne me suis pas ennuyée un seul instant. Ni mon partenaire de cinéma du jour qui adore qu'on sorte la grosse artillerie par tous les temps. Pas déçu, le bougre. Un film que je recommande donc chaleureusement, idéal pour un dimanche soir de weekend pré-Noël pour se reposer les jambes et le cerveau (aah, la joyeuse prise de tête de la course aux cadeaux..!).

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 12:25

Les Nuits Capitales, késako? Des soirées qui réveillent Paris pour démontrer que notre belle capitale est également l'une des capitales de la fête, une réponse à la pétition "Paris : quand la nuit se meurt" dont les instigateurs se trouvent être aussi les concepteurs des Nuits Capitales.

Nuits-capitales-2010.jpg

Point de rencontre des musiques qui rythment la vie des parisiens, les Nuits Capitales s'étalent sur cinq nuits (du 17 au 21 novembre), de 20h à l'aube, avec de nombreux événements disséminés dans la capitale. Concerts, performances, mais également lieux transformés le temps d'une soirée seront au rendez-vous. Sur la Seine, des croisières électro, dans le métro, des concerts, dans un bus, des DJs. Bref, tout un panel d'événements qui vont ravir les clubbeurs en mal de sortie.

Pour participer à ces Nuits Capitales, rien de plus simple : il suffit de s'inscrire sur le site pour obtenir le pass qui donne droit ici à une réduction sur l'entrée, là, à deux entrées pour le prix d'une, ou encore à des verres gratuits. Vous trouviez que la nuit parisienne s'éteignait doucement? Rendez-vous dès ce soir pour en découvrir une autre facette. 

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 15:58

Samedi 30 octobre, Bob Sinclar passait au VIP Room de Paris. Ancienne cliente de la version précédente, je n'avais pas encore mis les pieds dans le Theater de Jean Roch. C'était donc l'occasion de faire d'une pierre deux coups. Et bien... je n'ai pas été déçue.

VIP-Room.JPG

Arrivée, club vide (vraiment!). On se serait attendu à une foule en masse devant le VIP, que nenni. Direction le bar où la jolie barmaid (l'une des signatures des clubs estampillés Jean Roch) nous accueille d'un "vous êtes venues pour Bob Sinclar ou Sean Paul?" Sean Paul? Savais même pas qu'il devait venir. L'est pas mort..? Ah bah non, et sa carrière non plus. J'aurais cru, pourtant...

Le club se remplit. Pas surprise, je constate qu'il s'agit là d'un ramassis de losers qui doivent considérer cette boîte comme le nec plus ultra. Force est de constater que les beautiful people l'ont bel et bien désertée. Pêle-mêle : des gamines en chemise (avec rien en-dessous), des tapins russes (ou ukrainiens, pas de sectarisme), des beaufs "montés à la capitale" pour la soirée, des ploucs parisiens nouveaux-riches venus claquer le salaire de papa.

Au milieu de la piste, un podium où se déhanchent des créatures qui n'ont certainement jamais goûté au Nutella et, comble du mauvais goût, un nain homme de petite taille affublé d'une cape aux couleurs du VIP Room Theater gesticulant aux dents tout droit sorties de "Vendredi 13". Les gogos et le nain sont les seuls à danser puisque le podium envahit une bonne moitié de la piste. Suffisant pour décourager les clubbeuses les plus motivées...

Le point culminant de la soirée a été l'arrivée de Sean Paul, revenu d'entre les morts (le veille d'Halloween, ça fait bien). D'un coup, tout le monde s'est retourné vers le podium. Convergence de têtes en attente du Saint-Graal. Puis cette foule dense a lancé ses bras multiples vers le podium, bras au bout desquels des extensions cellulaires tentaient vainement de capter le has been chanteur. Pathétiques symboles d'une société où les "people" sont élevés au rang de dieux. Et moi, sagement assises sur le bord du podium, tournant le dos à l'énergumène qui crachait dans son micro en playback, à qui un videur a donné un CD lors d'un moment d'égarement où j'ai quitté Bob des yeux pour constater les dégâts scéniques occasionnés par l'homme aux lunettes de soleil.

Regards jaloux tendus vers moi. J'aurais pu me faire lyncher par des fans d'un soir (que, faut pas rêver, la plupart n'aiment pas spécialement Sean Paul, mais... il était là, en vrai, un chanteur américain qui passe sur MTV!!! Vous rendez pas compte, vous!!!).

Bilan à mi-soirée : on met les voiles! Même le beau Bob n'a pas su nous retenir dans ce club qui en jette niveau déco mais ne vaut pas un clou déçoit une fois qu'on gratte un peu, mais vraiment très peu. Allez, on met quand même une jolie photo..!

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 11:36

La FIAC, tout le monde connaît. C'est devenu l'un des grands rendez-vous de l'art contemporain, événement où il faut se montrer et faire semblant de s'intéresser à ce que les artistes d'aujourd'hui ont a nous proposer de nouveau.  Si la FIAC fait désormais partie de l'agenda tendance, les curieux pourront se rendre à la Chic Art Fair, en marge de l'événement principal de la période.

Chic-Artfair.png

La Chic Art Fair, c'est aussi une foire d'art contemporain, un peu moins connue, donc tellement plus branchée. Et pour cette première édition elle investit la toute nouvelle Cité de la Mode et du Design, lieu qui semblait prédestiné. Au programme : des galeries, des artistes, des événements, des conférences, des installations... 

Alors, vous faites quoi, ce weekend..?

La Chic Art Fair c'est à la Cité de la Mode et du Design, au 34, quai d'Austerlitz, du 22 au 25 octobre 2010

http://www.chic-artfair.com/chic-artfair2010/index.html

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 12:32

Hier soir, rue de la Gaîté, je me suis retrouvée assise dans un théâtre pour le one-woman show de Chantal Ladesou. Moi qui suis plutôt branchée cinéma, je m'y suis rendue, comme souvent, avec une légère appréhension : le théâtre c'est bien, mais parfois ça a des longueurs, ça manque de mouvement, et puis on est mal installé... Et bien, pour une fois, j'ai été (très) agréablement surprise.

 

Chantal-Ladesou.jpg

 

Chantal Ladesou, je connaissais vaguement : passage chez Drucker, Les grosses têtes, People... Mais je ne m'étais jamais vraiment intéressée au personnage, alors de là à aller la voir sur scène... Et puis on me l'a proposé, et j'ai dit banco! Grand bien m'en a pris..!

 

Dans "J'ai l'impression que je vous plais", elle dresse le portrait d'une femme d'aujourd'hui, avec un franc-parler qui frise parfois l'indécence mais a le mérite de faire mouche à chaque fois. Chantal Ladesou met également son public à contribution, parle de Gremlins, s'adresse aux retardataires qui essaient de se faire tout petits mais voient soudain des centaines de regards braqués sur eux.

 

Les mots sont étudiés, le débit accéléré, les expressions hilarantes. Chantal Ladesou offre un spectacle d'humour qui, pour une fois, ne parle pas d'amour, ni de sexe, quoique...

 

C'est l'histoire d'une femme très belle, blonde, les cheveux au carré, qui rebiquent un peu, vêtue d'une robe-porte-feuille aux manches trois-quarts. Vous voulez connaître la suite? Dépêchez-vous avant qu'elle ne s'arrête, vous manqueriez une belle tranche de rire.

 

J'ajouterai un message personnel : Chantal, vous avez très bon goût. Et si vous ne savez pas quoi faire de votre magnifique manteau rose, je serais ravie de vous rendre service en vous en débarrassant...

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 13:14

Les amateurs d'art contemporain vont aimer. Carine Brancowitz, les lectrices de Dazed & Confused, Vogue, Elle ou encore Madame Figaro la reconnaîtront grâce à ce trait hors normes. Son arme fétiche? Un bic, le même que celui qu'on avait à l'école pour souligner les mots importants ou que celui de la prof qui barrait d'un grand trait rouge nos inévitables fautes. Ce bic (et des feutres, des crayons de couleurs...), Carine l'utilise pour tirer le portrait de ses amis (la pochette de Ritournelle de Sébastien Tellier, c'est elle) et pour croquer des jeunes gens d'aujourd'hui.

 

Carine-Brancowitz---Ciao-Papa.jpg

 

Ce qui frappe, dans les illustrations de Carine Brancowitz, c'est le détail. Le détail qui a toute son importance. Chaque trait semble pensé, réfléchi, pour arriver à une perfection de la représentation surprenante. Les reflets de la Vespa de Ciao Papa (ci-dessus) sont d'un réalisme fulgurant. Inutile de chercher l'erreur, il n'y en a pas. Vu de près, le travail est d'une précision inouïe, le trait toujours droit alors qu'une main malhabile aurait tendance à esquisser des arcs de cercle. De même, les imprimés qu'elle imagine pour les tenues de ses personnages naissent d'une foultitude de petits traits destinés à donner du mouvement, de la profondeur.

 

Carine-Brancowitz---Religieuse.jpg

 

Si les détails ont leur importance, c'est pour mieux mettre l'accent sur l'important, qui n'est pas toujours le plus travaillé. Les cheveux bleus attirent le regard comme un éclair, détournant le spectateur des détails qui entourent le personnage pour se focaliser sur lui. Et pourtant les visages sont épurés, comme si les contours se suffisaient à eux-mêmes pour représenter ces garçons et filles à la mode.

 

Carine-Brancowitz---Sylvie.jpg

 

Car l'oeil de Carine Brancowitz capte l'essence d'une époque à travers une génération nostalgique d'un avant qu'elle ne connaît qu'indirectement. Les références sont celles d'une Françoise Hardy qui conte les garçons et les filles de son âge, les rollers girls sont fans de Blondie comme elles auraient pu l'être d'une Lady Gaga. Mais non, ces jeunes sont en correspondance temporelle.

 

Carine-Brancowitz---Tipitinas.jpg

 

Telle un témoin du monde qui l'entoure, Carine Brancowitz est un OANI, un objet artistique non identifié, à mi-chemin entre réalisme exacerbé à tendance photographique (le chat de Sylvie pourrait avoir été immortalisé par la pellicule) et la bande dessinée. On s'attend presque à voir des bulles apparaître autour de ses personnages à qui il ne manque que la parole pour finir de traduire l'essence de notre époque.

 

Carine-Brancowitz---Futurism.jpg

 

Carine Brancowitz, représentée par la galerie nomade Dexter Gallery, est exposée jusqu'au 28 septembre à la galerie Images de fer au 13, rue de Seine à Paris

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 11:30
Shame on me: plus d'un mois que j'ai vu Sherlock Holmes, et je n'ai toujours pas écrit une ligne dessus. En même temps, écrire sur un film un mois à l'avance, ce n'est pas l'idéal. Autant attendre qu'il sorte en France. Sherlock Holmes, donc, ou le gentleman détective. Ca, c'était pour les souvenirs, parce que cette nouvelle version avec Robert Downey Jr dans le rôle-titre surprend par son détachement quant aux précédentes. D'ailleurs, on remarquera que pas une fois ce nouveau Sherlock ne prononce son habituel "élémentaire, mon cher Watson".
Sherlock Holmes
Le pitch: Londres à la fin du 19ème siècle. Sherlock Holmes est un détective de génie qui analyse les situations en une fraction de seconde, allant jusqu'à calculer chacun de ses mouvements et ceux de ses adversaires pour savoir exactement où et quand frapper. Comme tout génie, il a ses mauvais côtés et, outre ses expériences pas toujours réussies sur le chien de Watson, il s'adonne à la boisson et à l'oisiveté maladive, enfermé dans son appartement, rideaux tirés, entre deux enquêtes. C'est là que surgit de son passé une ancienne conquête qui le mène en bateau et va l'entraîner bien malgré lui dans une nouvelle aventure.

Le rôle est porté à merveille par un Robert Downey Jr ténébreux à souhait qui renoue avec son image d'acteur torturé et borderline. Sherlock Holmes n'est plus ce détective propre sur lui et bien élevé qui a bercé notre enfance, mais révèle un côté noir pas désagréable. Cette dualité du personnage, qui bien entendu reste un type bien, au fond, sert le scénario et tranche avec une histoire bon enfant un peu mièvre dans laquelle il aurait été facile de tomber. L'histoire d'amour impossible entre Sherlock et sa dulcinée est mise en opposition à celle que vit Watson, sans toutefois prendre le pas sur le sujet principal.

Parlons-en, de Watson. Joué par le craquant Jude Law, ce dernier fait bien pâle figure face au charismatique Robert Downey Jr. Le beau Jude devient personnage secondaire, s'efface devant la grandeur du maître, mais reste indispensable pour contrebalancer la noirceur du personnage et le remettre dans le droit chemin. Une sorte de Jiminy Cricket au secours de son maître. La relation entre ces deux énergumènes n'est pas sans rappeler Amicalement Vôtre: deux personnages que tout oppose mais poursuivant un but commun, soudés mais en opposition constante, une relation dans laquelle il est difficile de faire entrer une femme. Et c'est pourtant ce qui arrive à Sherlock et Watson, ce dernier ayant trouvé la femme de sa vie, ce qui ne manquera pas d'aiguiser la jalousie d'un Holmes possessif.

Le verdict: très bon film, vraiment. J'avoue que mes intentions lorsque je suis allée le voir n'étaient pas louables puisque ce sont les deux acteurs principaux qui m'ont convaincue. Mais Guy Ritchie a su donner le ton et mener son film sans longueurs pénibles. Moi qui n'aime pas les films gris, j'ai été servie avec un Londres triste et froid, sans pourtant râler: l'ambiance est telle qu'on l'attend, et n'a pas été sans me rappeler quelques épisodes d'une vieille série de Sherlock Holmes perdus au fin fond de ma mémoire. A voir sans hésiter!
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